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Nouvelles

2017-04-13

La dictature des chatons

Nouvelle de nous

Avouons-le, nous avons tous déjà visionné et partagé des vidéos, souvent drôles, mettant en vedette ces petites bêtes à quatre pattes. Ce sont les rois de l’Internet et sans nous en rendre compte, nous sommes en un seul clic à leur merci.  
 
Ces vidéos qui retiennent tant notre attention possèdent, du point de vue strictement communicationnel – car psychologiquement ils auraient des effets positifs sur l’état d’esprit –, des caractéristiques similaires : elles sont courtes, leur contenu est simple, et elles nous sont dévoilées tel qu’annoncées. En effet, si le titre est « Chats qui dansent ! », vous visionnerez sans surprise… des chats qui dansent.
 
Ces vidéos si efficaces semblent nous enseigner qu’il existe une formule gagnante pour retenir l’attention des internautes et nous assister dans l’atteinte de nos objectifs de communication. Mais comment surmonter cette « dictature du simple » et transmettre un message complexe par le biais des médias sociaux?
 
 
Comprendre la situation.
 
Depuis plusieurs années déjà, nous sommes confrontés à des tonnes d’informations qui défilent quotidiennement sur nos appareils cellulaires, nos tablettes et nos ordinateurs à une vitesse telle qu’il nous est difficile de tout digérer, entre les nombreux sites d’information, les contenus des personnalités publiques, des entreprises, des causes, de notre entourage.
 
Pour poursuivre l’analogie du règne animal, l’homo internautus est devenu un prédateur sélectif d’information. Et les proies sont présentes en si grand nombre que les communicateurs se doivent de les rendre particulièrement attrayantes pour que le prédateur veuille daigner s’y attaquer, particulièrement lorsque notre objectif est de transmettre un message complexe. 
 
 
Distinguer le vrai du faux
 
Au phénomène de surdisponibilité d’information s’ajoute celui de la désinformation, mieux connue comme « fausse nouvelle », qui offre une image alternative de la réalité dans le but d'influencer l'opinion publique et qui a comme caractéristique d’être présentée de manière particulièrement attrayante. Elle se présente sous un titre racoleur, parfois alarmiste ou sensationnaliste, qui soulève chez le lecteur de l’intérêt, parfois même malsain. Parmi les nombreux exemples, mentionnons le viralement célèbre Le pape François endosse la candidature de Donald Trump, publié à l’époque sur la page Facebook Ending The Fed.
 
Les créateurs de fausses nouvelles ont compris qu’il est possible d’attirer le lecteur en faisant appel à des techniques d’information trompeuses qui vont à l’encontre des pratiques traditionnelles de communication et de certaines règles de déontologie. 
 
Le chaton à la rescousse
 
En tant que professionnels de la communication, comment faire pour nous démarquer dans cet univers virtuel peuplé d’informations et de fausses nouvelles? Comme nous l’enseignent les chatons, il s’agit de : 
  • Trouver un titre accrocheur – mais pas trompeur.
  • Évaluer ses messages et prioriser l’information que l’on souhaite transmettre.
  • Être authentique, objectif et crédible. L’information doit être documentée.
  • Selon Statistic brain, la durée d’attention moyenne était de 8 secondes en 2013. Soyons brefs!
  • Appuyer son message avec des visuels, préférablement des vidéos, des infographies animées, etc.
  • Si possible, raconter une histoire – le fameux storytelling
  • Viser la simplicité tout en évitant d’être simpliste, en vulgarisant ses contenus et en utilisant des exemples et des analogies.
  • Partager son message sur toutes les plateformes appropriées

 

« [L’information absorbe] l’attention de ses destinataires. C’est pourquoi une trop grande quantité d’information engendre un manque d’attention. » – Herbert Simon. Récipiendaire du prix Nobel d’économie (1978).

Par Christian Ahuet